La thérapie par exposition en réalité virtuelle (TERV) : quand la technologie entre au service de la TCC

Publié le 12 octobre 2026 à 21:21

La thérapie par exposition en réalité virtuelle (TERV) : ce que j’ai observé au CHU de Marseille et ce que j’en pense

Quand on m’a parlé de thérapie par réalité virtuelle pour la première fois, j’ai eu un mouvement de recul. Dans un monde où la technologie s’infiltre partout, moi qui me lance dans ce métier en croyant profondément à la parole, à la relation, au temps  j’étais franchement dubitative. Est-ce qu’on allait vraiment soigner les gens avec un casque de jeu vidéo ?

Et puis je suis allée voir.

La semaine dernière, dans le cadre de ma formation en TCC avec le Dr Éric Malbos, psychiatre au CHU de Marseille et l’un des pionniers de cette approche en France, j’ai pu observer sa pratique de la thérapie par exposition en réalité virtuelle. Ce que j’y ai découvert méritait d’être partagé.

Qu’est-ce que la TERV ?

La thérapie par exposition en réalité virtuelle est une évolution des thérapies cognitivo-comportementales (TCC).

Dans un protocole d’exposition classique, on demande au patient d’affronter progressivement la situation qu’il redoute, en imagination d’abord, puis dans la réalité. Avec la TERV, on bénéficie d'un environnement virtuel immersif qui permet cette confrontation de manière graduée, contrôlée, et répétable, sans quitter le cabinet du thérapeute.

Le patient porte un casque de réalité virtuelle. Il se retrouve dans un environnement conçu spécifiquement pour sa problématique : une hauteur pour l’acrophobie, une foule pour l’anxiété sociale, un ascenseur pour la claustrophobie ou encore la confrontation progressive avec des aliments redoutés pour les troubles du comportement alimentaire.

Pourquoi ça fonctionne ?

Parce que le cerveau ne fait pas vraiment la différence entre le virtuel et le réel, du moins, pas au niveau émotionnel et physiologique. Face à la situation virtuelle, le corps réagit : le cœur s’accélère, la respiration change, l’anxiété monte. Et c’est exactement ce qu’on cherche en thérapie d’exposition : provoquer la réponse anxieuse dans un contexte sécurisé, pour apprendre progressivement à la réguler.

Ce que la réalité virtuelle apporte en plus, c’est la possibilité de doser très précisément l’intensité de l’exposition, de la répéter à plusieurs reprises, et de le faire dans un cadre entièrement maîtrisé.

Le rôle du thérapeute n’est pas réduit

On pourrait imaginer que la technologie “fait le travail”. Mais en fait pas exactement. 

Le thérapeute reste présent à chaque instant. Il observe les réactions du patient, ajuste les paramètres de l’environnement en temps réel, guide le travail cognitif pendant l’exposition, pose les questions au bon moment. La TERV n’automatise pas la thérapie, elle lui donne un outil supplémentaire, particulièrement puissant.

C’est une collaboration entre la précision du protocole et la présence humaine du thérapeute. L’un sans l’autre ne fonctionnerait pas de la même façon.

Pour quelles problématiques ?

La TERV est aujourd’hui utilisée et documentée pour les phobies spécifiques (hauteurs, espaces confinés, animaux, conduite...), l’anxiété sociale et la phobie sociale, le trouble panique avec agoraphobie, la préparation à des situations médicales anxiogènes, les addictions, et les troubles du comportement alimentaire, mais aussi des troubles plus complexes comme le TDAH ou encore le burn out. 

Les études cliniques montrent des résultats comparables, voire supérieurs dans certains cas, à l’exposition in vivo traditionnelle avec l’avantage d’une accessibilité et d’une répétabilité bien plus grandes.

À mon sens, la TERV ne remplace pas la thérapie par la parole, mais...

La réalité virtuelle est un outil d’exposition. Elle ne remplace pas en toutes situations le travail de compréhension, d’élaboration, de mise en sens qui constitue le cœur d’une psychothérapie, mais elle peut s’y intégrer, et parfois s’y substituer, comme un levier supplémentaire au service d’un protocole plus large.

Dans ma pratique, je travaille en TCC : restructuration cognitive, identification des schémas de pensée, travail sur les croyances limitantes. La TERV peut venir renforcer ce travail pour certaines problématiques spécifiques, sans pour autant le remplacer à chaque fois.

Ce que j’observe et que j’intègre progressivement, c’est que les outils évoluent et c’est une bonne nouvelle. Notre responsabilité en tant que thérapeutes est d’accueillir avec ouverture ce qui est efficace et ce qui aide vraiment, tout en restant ancrés dans notre propre identité de thérapeute. Les deux ne s’excluent pas. Au contraire : c’est précisément parce qu’on sait qui on est qu’on peut intégrer de nouveaux outils sans se perdre dedans.

Je reçois en consultation individuelle à Menton pour des problématiques d’anxiété, de burn-out, de phobies et de rapport difficile à l’alimentation.

Fiammetta de’ Santis — Psychopraticienne TCC
9 rue Prato, 06500 Menton
fiammetta.accompagnement@gmail.com — 06 79 85 01 25

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